• Sem25- Yamagata : Kokyu et Misogi.

    Yama no biki, la vibration de la montagne

    A l’échelle des villes japonaises, Yamagata est une urbanisation modeste. En prenant le célèbre Shinkansen, dont l’arrivée 20 ans plus tôt reste encore dans la mémoire des habitants locaux, on ralentit progressivement l’allure en se rapprochant : le train traverse alors des forêts magnifiques montant à l’assaut des sommets, avec moultes zigs-zags forcés par la géographie des lieux. Yamagata est une petite ville agricole, située dans une plaine, entourée de montagne.

    Sem25- Yamagata : Kokyu et Misogi.

    En quittant Tokyo pour Yamagata, on découvre un autre Japon : nourriture et cuisine, espace et urbanisation, nature et relations humaines, tout est subtilement différent. N’hésitez pas à visiter les azakaya et suchiya de Yamagata : pour des prix tout aussi honnêtes, vous découvrirez des suchi et sashimi faisant le double de taille par rapport à Tokyo et vous aurez peut-être du mal à terminer vos plats de ramen et de soba (les deux étant très réputés dans certains des restaurants locaux). Les mets empruntent bien sûr à la production locale : découvrir les environs en voiture vous offrira de nouveaux regards sur le Japon. Ce sont ces rizières, parfois à perte de vues, toujours bien organisées. Mais aussi ces vergers ou bien serres d’arbres fruitiers : la région regorge de production de fruits notamment les cerises et les poires d’une variété particulière : ‘La France’ ! A la bonne saison (vers le 10 juin), il ne faut pas manquer de vivre ‘l’expérience des cerises’ à Yamagata. Pendant la durée de votre choix vous avez libre accès au verger pour picorer autant que vous le pouvez : rien ne s’emporte, tout se mange sur place !

    L’aïkido est également différent ici. On le dénomme l’Ecole de Yamagata qui poursuit l’héritage de Shirata Shihan. Très attaché dans l’esprit à la famille Ueshiba et à l’Aïkikaï, elle offre un regard encore différent sur l’étude technique, très emprunt des traditions encore vivantes dans cette région de montagne. La montagne entoure Yamagata de toute part. Son écho descend sur la vallée où s’étend la ville. Où que se tourne votre regard, l’horizon vous offrira un sommet couvert de forêt ou bien de neige. Mais c’est un grand plaisir et une grande découverte d’y porter les jambes autant que le regard.

    La forêt à Yamagata

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    C’est bien sûr, tout d’abord YamaDera sur les hauteurs de Yamagata. Vous pouvez commencer par la prière pour la sauvegarde de votre famille, dans le temple situé au pied de la montagne : par ces prières et ce temple, Yamagata a ainsi évité tout grand désastre qu’il soit de séisme ou autre. Le Bouddha de bois qui vous accueillera est magnifique, et le temple en bois naturel dégarni de peinture offre une atmosphère de grande simplicité (prenez le temps de visiter la pièce en arrière de l’autel principal, pour votre prière). C’est une bonne porte d’entrée pour commencer à gravir les 1000 marches de pierre qui traverse une forêt magnifique, pour monter progressivement jusqu’au temple ‘situé à l’extrémité’ : Oku-no-In. Outre les panoramas magnifiques sur vallées et montagnes, vous croiserez de multiples cabanes à flanc de falaise…où vous pourrez pratiquer Zazen en toute sérénité.

    Yamagata- Sur les hauteurs de Yama Dera

    Sem25- Yamagata : Kokyu et Misogi.

    Sem25- Yamagata : Kokyu et Misogi. Sem25- Yamagata : Kokyu et Misogi.

     

     

     

     

     

    Vous aurez peut-être la chance de vous enfoncer plus avant dans la montagne et ses vibrations. Dewa Sanzan, les ‘trois montagnes’, se situent à environ 1 heure de Yamagata en voiture. Il y a environ 1400 ans le Prince Hachiko (fils du 32è empereur Shushun) atteint l’illumination et fonda dans ces trois montagnes un lieu consacré au Boudhisme. Les trois monts représentent respectivement la naissance (Haguro-san), la mort (Gas-san) et la renaissance (Yudono-san). J’ai eu la chance de visiter ces lieux guidé par Funakoshi Shihan : cela laisse des souvenirs inoubliables. Vos pas prennent la suite des Yamabushi qui parcourent la montagne pour la pratique des pratiques ésotériques ; ici l’Aïkido, marqué par le passage de Shirata Shihan mais aussi de Tamura Shihan, fusionne avec Misogi pratiquée au quotidien ; ameno tori fune que nous pratiquons à chaque préparation d’Aïkido est réalisé au cœur de la montagne par les prêtres shinto en s’unissant à l’énergie des cascades. En parcourant ces lieux le sens de la pratique trouve un nouvel écho, la manière de pratiquer trouve un nouvel éclairage, dans ses sources les plus traditionnelles.

    La visite d’Haguro san s’ouvre sur une forêt pluri-centenaire de magnifiques cèdres japonais, arrosés par une rivière offrant l’une des plus jolies cascades japonaises, par ailleurs encore très utilisée pour misogi. La pagode à cinq étages, entièrement en bois, constitue une seconde introduction : construite à partir de 937 par un samouraï se dédiant par ailleurs au bouddhisme, elle a résisté sans trembler à plus d’un millénaire de tempêtes, tremblements de terres et autres évènements naturels. Symbole de la force des lieux, elle donne accès au début de votre ascension : 2446 marches de pierre, chemin construit en 13 ans par les moines et donnant accès au monastère de Haguro. Si vous faites une pause au bon endroit durant l’ascension, en vous retournant vous aurez une belle visions de ce ‘Japon entre plaine et montagne’. L’horizon s’étend jusqu’à la mer du Japon. Au-delà se trouve la Chine d’où Kukaï ramena le bouddhisme. L’eau descend de la montagne où vous vous trouvez, pour arroser les milliers de rizières que vous apercevez en contrebas, donnant ainsi vie et nourriture avant de rejoindre l’océan pour démarrer un autre cycle. Je n’en dis pas plus….

    Haguro-san. Pagode de bois et escalier de pierre

    Sem25- Yamagata : Kokyu et Misogi. Sem25- Yamagata : Kokyu et Misogi.

     

     

     

     

     

    Yudono-san offre des impressions et une relation à la nature presque que plus marquante encore…Au mois de juin, sous un soleil resplendissant, le torrent qui descend en cascade traverse encore les verts éclatants de la végétation sous d’épaisses plaques de glace et de neige. Les moines Yamabushi sont habitués à y pratiquer misogi. Ils remontent ainsi la rivière pendant près de 3 heures pour rejoindre le mont Cas-san. Le site ne peut que vous plonger dans cette symbiose entre nature et pratique spirituelle. L’entrée dans les lieux est l’entrée dans un sanctuaire et une cérémonie shintô, qui commence par votre bénédiction personnelle et votre purification. C’est pieds nus que l’on descend le long de la rivière pour découvrir une montagne dans la montagne, l’antre de la terre qui rejaillit sous forme geyser, constituant une collinette de terre rougeâtre entourée des fumées d’eau chaude s’évaporant dans l’air avant de rejoindre le courant de la rivière gelée. Toutes les facettes de la nature semblent se rejoindre dans ces images uniques. Après avoir gravi les rebords de cette colline fumante, le parcours se termine par un onsen purifiant pour les pieds : par la chaleur dégagée c’est l’ensemble de l’organisme qui s’en trouve redynamisé.

    Renaissance…

    L'entrée de Yudono-san

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